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Portrait d’expatriée – Cendy Lacroix au Cambodge

Info-Asie vous présente « portrait d’expatriée »

4 ans au Cambodge: entretien avec une expatriée française très active. Elle nous parle de sa vie au Cambodge, de ses activités quotidiennes ou habituelles dans son pays d’accueil.

Nom: Cendy Lacroix
Age: 46 ans
Nationalité: Française
Pays d’accueil: Cambodge

Expatriée au Cambodge depuis 2012, Auparavant chef d’entreprise.
Domaine : animation et restauration à Thème, Communication et Conseil en entreprises pour créations et d’implantations de lieux animés et restauration à thèmes en France et à l’étranger.
Actuellement : Co-fondatrice et directrice générale du Business Center Cambodia. Le centre d’informations et de services aux expatriés et futurs expatriés au Cambodge. www.businesscentercambodia.info

Cela faisait de nombreuses années, que l’idée de l’expatriation me plaisait, cela de par les nombreux déplacements que m’a permis mon métier « d’avant ». Étant d’un tempérament assez méditerranéen, l’Amérique du sud ou autres pays latins me paraissaient correspondre.

Tout cela fut bouleversé lors de sa rencontre avec la culture asiatique en 2007, lors d’un déplacement à Bali. Par la suite, toutes ses futures vacances ont alors été programmées sur l’Asie (Singapour, Kuala Lumpur, villes de Thaïlande). Il était devenu évident que ce serait à un de ces pays de cette partie du monde à qui elle demanderait de bien vouloir l’accepter.

Comment la décision de s’installer définitivement en Asie s’est elle passée?

Quand je rentrais d’un de mes voyages en Asie, Je mettais des semaines voire quelques mois à me ressentir bien auprès de mes compatriotes tricolores, tant je me sentais « décalée » et de plus en plus de cette culture, de ses préoccupations.
35 ans d’apprentissage et de culture à la française ont volé en éclat après 2 mois d’Asie.

Mais programmer une expatriation complète est difficile, il faut organiser une cassure totale, et dans tous les domaines, et en même temps.
Il n’était pas dans nos projets d’orchestrer une nouvelle vie sur annonce. Mon mari et moi étions convaincus que c’est en vivant « au moins » un peu dans un pays que nous verrions si nos compétences, envies et ressentis étaient compatibles avec un lieu choisi.
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Eric mon mari est professionnel dans la restauration et l’hôtellerie et a été plus de 35 ans à son compte.
Début 2012, nous avions encore 2 petites affaires en France, mais nostalgie un jour pluvieux, je suis allée sur internet et ai tapé ASIE images. J’ai enregistré une dizaine de photos de lieux différents à travers l’Asie, et l’objectif était de voir ces lieux dans notre prochain voyage. Il n’a pas fallu longtemps pour que nos bagages soient bouclés (1 mois).

Je savais quelque part au fond de moi, que n’arrivant pas à programmer ce départ pour longtemps (voir toujours), celui-ci était différent. J’avais raison, je ne suis plus rentré (Si, pardon, 2 semaines il y a 1 an et demi, cause problèmes de santé de mon papa) –

Avons-nous vu en « vrai » toutes les images « repères » prisent sur internet OUI ou presque il manquait la grande muraille de Chine !!! Vietnam, Indonésie, Malaisie, Thaïlande. En bus, voiture, train, avion. Un voyage de presque 6 mois.

Mais cependant aucune n’était au Cambodge. Alors comment êtes vous arrivé ici ?

KEP  photo
Photo by james_antrobus
Durant notre périple au Vietnam, nous voulions rejoindre « Phu Quoc » mais surement au moment d’un évènement, car nous n’avons pas trouvé d’hôtels libres. La première destination proposée au plus proche était « KEP » On a vu que c’était au Cambodge, pourquoi pas !!! En lisant quelques guides, nous n’étions presque pas enjoués par cette destination !!!! On y lisait sur le Cambodge : insécurité, hordes de chiens errants dangereux, maladies, saleté, pas d’électricité, pas d’eau potable, serpents scorpions, pays d’il y a cinquante ans! Oui, on venait de passer 3 semaines à Ho Chi Minh. Bref pas très engageant et alors ??? On verra bien !

Arrivés à Kep, Nous y avons rencontré des expats français (très bon accueil d’ailleurs), qui après quelques discussions nous ont conseillés d’aller voir SIHANOUKVILLE … Quelques jours plus tard nous y étions, et Là! COUP DE FOUDRE ! C’était ici !!! Je rêvais de grandes tours, de lumières, de grandes avenues, de théâtres, rien à voir.

Pendant 3 semaines nous avons visité ce pays (pas entièrement tant il est vaste et avec des contrastes incroyables), certes ce pays est effectivement d’un autre temps, mais il a éveillé ou réveillé en moi des VALEURS qui étaient enfouies, et qui explique pourquoi je me sentais un peu différente dans mes attentes en occident.

C’était une évidence, c’était au Cambodge que notre vie devait être. Mon mari eu un avis plus modéré, car il pensait depuis 10 ans à Bali. Depuis nous y sommes retournés et il s’est ravisé, du moins pour y vivre à présent.

Photo by Pedronet Cependant il manquait toujours la grande muraille de Chine pour parfaire et clôturer ma « Picture map » et nous avions déjà les visas sur notre passeport. Nous sommes partis de l’île de Koh Rong (38° minimum) et sommes arrivés à Bejing de nuit avec un petit -17°.
J’ai esquivé souvent des visites de musées ou monuments, pour que de notre chambre d’hôtel, au cœur des « Hutongs », programmer à distance des visites d’appartements à SIHANOUK bien sûr. Mais sans louper la visite de la grande muraille de chine !!!

La boucle était bouclée, ma Picture map était complète, je pensais avant notre départ, qu’il serait peut-être temps de rentrer, ou que l’on poursuivra au gré des rencontres notre voyage, non il nous a emmené au Cambodge, à Sihanoukville.
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Le reste c’est fait tout seul au fil du temps, de rencontres, un hôtel-restaurant français pour mon mari, et la proposition de 2 Khmers, de créer le Business Center Cambodia, qui est un centre d’informations et de services pour les expatriés et futurs expatriés au Cambodge, car nous le savons, et nous avons fait le parcours, qu’il est assez difficile d’avoir de bonnes informations, au Cambodge pour s’installer. (Compléments de ce qu’est le Business Center Cambodia sur le site)

Bilan depuis notre départ :

Les plus

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Que du positif, un manque bien sûr de la famille et de quelques proches, mais avec le recul nous aurions dû passer ce cap bien avant, partir dès 2007!
Le Cambodge a été un hasard, une rencontre, avec ce peuple qui m’accueille avec tant de gentillesse, qui m’apprends tellement, qui m’a fait redécouvrir tant de valeurs essentielles. Oui je rêvais d’une mégalopole avec grandes tours et des des lumières, et bien à présent je suis presque déçue d’en voir se construire autant, tellement j’aime ces villages et ces rizières ! Mais si on sort des villes, tout cela existe encore ! Oui je suis passé du statut de madame en Europe, puis de « Mumm » voir « Yeil » (orthographe à vérifier) qui signifie Grand-mère en arrivant au Cambodge …

Aujourd’hui nous sommes bien, vraiment bien, nous vivons mieux, notre vie est plus simple mais plus riche, nous avons un cercle d’amis Khmers et expats, nous avons été « adoptés » par une famille khmer dont une partie vit dans un village, cette famille compte autant que ma propre famille, nous y vivons avec eux des moments exceptionnels de vrai Cambodge.dia
Je suis aussi engagée dans plusieurs associations comme l’AEFC (association d’entraide des français au Cambodge dont je suis présidente à Sihanoukville), d’autres associations locales pour aider les villages pauvres.

Actuellement je mets en place un comité de soutien pour l’initiative d’une école d’anglais et d’éducation sur l’écologie dans un petit village (Green School). Cette année je fais partis du comité organisateur pour Sihanoukville pour l’opération spéciale du RIZ POUR TOUS, ou SOS RICE ou le principe est de collecter du riz sous forme de don, et cela dans tout le Cambodge, puis ensuite il sera redistribué dans les villages les plus pauvres. Plusieurs tonnes ont été ainsi récoltées l’année dernière, et j’espère que cette année ce chiffre augmentera. Nous parrainons plusieurs enfants en leurs offrants des écoles où ils apprennent à lire et écrire leur langue ainsi que l’anglais.

Ce que j’aime au Cambodge : le Cambodge !

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Son peuple, ses paysages, sa culture, son développement en cours, la possibilité d’entreprendre professionnellement de façon encore assez simple, et avec des prix encore raisonnables comparés à l’Europe, ou d’autres pays voisins, la perspective de pouvoir se réaliser, comme naguère il était possible en France. Avoir l’impression de participer, à notre façon, au développement de ce pays, avoir l’impression d’être enfin au bon endroit au bon moment. Un endroit simple ou tout (ou presque) est encore possible, la facilité de pouvoir s’installer et rester dans ce beau pays.

Les moins

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Ce que j’aime moins au Cambodge : le développement et les constructions parfois un peu dans le désordre, les problèmes liés à la protection de l’environnement (les poubelles et le plastique sur le sol et qui sont ensuite brulés). La dangerosité des routes et de la conduite.

 

 

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